La science au service du Bonheur

coeur et cerveauLes neurosciences ont mis en évidence certaines sources du bonheur. En effet, l’amour, le plaisir, le bien-être, la plénitude, facteurs que l’on considère comme des composants du bonheur, ont des constituants biologiques.

Les chercheurs ont pénétré les structures cérébrales qui interviennent lorsque les émotions nous envahissent, ils ont décrypté les processus qui s’enchaînent pour nous remplir d’un sentiment de bonheur… ou nous plonger dans celui de la déception, de la déprime. Ces travaux se succèdent depuis les années 1970, grâce aux techniques d’investigation biologique et de l’imagerie cérébrale.

Cependant, si le bonheur se crée dans notre tête, aucune zone ne lui est réservée. Il se dissimule, de façon diffuse, dans les structures profondes du tissu cérébral, du tronc cérébral au cortex frontal.

Voilà pourquoi, Jean-Pierre Ternaux, directeur de recherche du CNRS et coordonnateur de l’Observatoire du bonheur, la nomme « la symphonie cérébrale»…

«On y trouve l’hypothalamus latéral, le lobe limbique, le complexe amygdalien, le noyau accumbens, l’hippocampe… des zones agitées de réseaux de cellules nerveuses responsables des états émotionnels, dans lesquelles des molécules et des neurotransmetteurs jouent un rôle fondamental dans la transmission des messages entre les neurones.»

La sérotonine, la dopamine, la noradrénaline, les endorphines, l’ocytocine… ont pour fonction essentielle, de nous apporter les sensations de bien-être psychique et physique. Leur activité va stimuler des émotions comme le plaisir, le désir, la motivation, l’envie de mener des projets…

cerveau et bonheurAinsi la dopamine, qualifiée d’hormone de l’action, intervient dans l’anticipation, la motivation, la projection d’émotions positives et nous pousse à positiver, à avancer. Un bon niveau de dopamine encourage l’activité, trop de dopamine incite à rechercher des situations à risque, mais à l’inverse, un déficit de cette substance entraine des troubles du mouvement et rend léthargique.

La sérotonine nous apporte plus spécialement une humeur positive et constructive, elle nous permet de mener nos projets.

L’endorphine, que connaissent bien les sportifs, qui en secrètent lors d’activité sportives de durée moyenne et longue, sera plus particulièrement responsable de notre bien-être et du plaisir éprouvé.

L’ocytocine, secrétée par l’hypophyse, est libérée par les hommes et les femmes lors de l’orgasme, et intervient dans les mécanismes permettant aux mères d’allaiter. Des études ont montré qu’elle diminue le stress, contribue à l’amour des parents pour leurs enfants et pourrait faciliter les relations sociales, conjugales et parentales. De récentes études, ont démontrées également son rôle dans le processus de fidélité et de l’attachement, de l’empathie, de la confiance et des sentiments positifs.

Et si cette hormone de l’amour, était l’une des principales clés du bonheur.

Si toutes les personnes sont dotées dès la naissance, de ces composants du bonheur, qui seraient selon Darwin le secret de la pérennité de l’espèce humaine, néanmoins ces prédispositions au bonheur varient d’un sujet à l’autre.

Effectivement, nous ne recevons pas le même héritage affectif, ni dans son modèle d’expression, ni dans son intensité. Aussi il suffit d’observer le genre humain pour remarquer que certaines personnes semblent plus heureuses, plus optimistes, plus joyeuses, plus résilientes face aux situations difficiles, tandis que d’autres sont moroses, mélancoliques, développent une plus grande capacité à se démotiver, sinon à renoncer.

Bien que nous ne soyons pas tous égaux face à cet héritage, chacune de ces personnes, peut agir dans son quotidien, afin de réunir tous les atouts pour développer un état d’esprit positif et constructif.

Trouver son équilibre …

On peut stimuler ses propres ressources en pratiquant un sport régulièrement, qui favorise la fabrication d’endorphines, sans pour autant en devenir addict.

L’alimentation est aussi source d’acides aminés, dont certains comme le tryptophane (abondant dans le riz complet, le fromage, les produits laitiers, la viande, les arachides, les protéines de soja, les œufs, le poisson, les légumineuses) et la tyrosine (amandes, avocats, bananes, produits laitiers…) fabriquent de la sérotonine et de la dopamine.

Sans oublier la méditation, qui est, selon Matthieu Ricard, moine tibétain et généticien moléculaire, l’outil essentiel pour accéder à l’équilibre émotionnel.

Mais attention, le bonheur n’est pas seulement, une affaire de chimie et n’est pas assimilable au plaisir. Pour le Pr Jean-Didier Vincent, neurobiologiste et référent incontesté de la biologie des sentiments, «le bonheur n’est pas le plaisir, c’est un état difficile à atteindre. Il se cherche, s’acquiert et se gère. C’est un équilibre plus ou moins instable entre plaisir et souffrance, entre pulsions positives et pulsions négatives, entre son moi et le monde extérieur. Etre heureux exige une participation active de l’être. Cela se travaille.»

Mais il ne faut pas désespérer: on a toute une vie pour tenter d’être heureux.

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